27 janvier 2006
SICILE NORMANDE
Sicile normande
? Oui, quand à la fin du XIème siècle des chevaliers normands
s'installent en Italie et sud et en Sicile... Progressivement, ils
s'emparent des royaumes arabes de l'île et installent une dynastie
"normande". L'art civil et religieux des XIIè et XIIIè siècles est une
synthèse des influences romanes, byzantines, arabes —et peut-être que
j'en oublie.
On doit se demander la raison de ces influences
et les modalités de leur manifestations. Autrement dit, qu'est-ce qui
relève de l'art roman, comme en France, de l'art byzantin, comme dans
l'empire grec, ou de la culture arabo-musulmane, comme dans les
royaumes de Grenade ou du moyen-orient ?
Une chronologie pour se repérer ?
chrono3
L'architecture témoigne d'influences romanes quand on examine des églises constuites à cette époque.
Mais l'architecture
religieuse sicilienne ne doit pas tout à l'influence romane ! Entre les
tours, la façade est ornée d'arcs entrecroisés et l'on peut apercevoir
le sommet d'une coupole, ce sont des éléments importés par le roman.

Le chevet du Duomo de Palerme et ses arcs entrecroisés
L'influence byzantine est effective dans la décoration intérieure des églises du XIIème siècle : à Cefalu, à Palerme (duomo), à Monreale (Duomo, cloître). L'une des manifestations de cet apport byzantin est le Christ Pantokrator :

Cefalu, abside de la cathédrale. Décoration terminée en 1148
Le Christ pantocrator, bénissant de la main droite et tenant de la gauche un Évangile ouvert, est une figure
créée conformément à la tradition des moines mosaïstes du Mont Athos.
Avec les inscriptions rédigées partiellement en latin et partiellement
en grec, cet art marque la fusion entre le christianisme oriental et le
christianisme occidental.
Texte latin:
1. Sur la voûte : «
Fait homme, administrateur de l’homme, rédempteur de l’homme créé par
moi, je juge comme Dieu incarné les esprits et les cœurs.»
2. Sur
l’Évangile : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne
marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie. »

Palerme, Palais des Normands, Chapelle Royale
La
Chapelle Royale du Palais des Normands à Palerme est l'exemple même des
décors inspirés de l'esthétique romano-byzantine. Outre le Christ
pantokrator, on voit ci-dessus que la totalité des surfaces des murs
est recoouverte de mosaïques qui illustrent des scènes bibliques ou
évangéliques ou figurent des saints. De plus, une chaire à prêcher en
marbre et très ornée et un cierge pascal complètent l'ensemble.
Passons au cloître de Monreale :

Cloître de Monreale, chapiteau représentant des chevaliers
Le cloître est,
lui, la parfaite transplantation de la structure architecturale et de
la statuaire de l'Occident chrétien de l'époque.
Et quid de l'influence arabo-musulmane ?

Palerme, Église Saint Jean des Ermites
(San Giovanni degli Eremiti)
Ces
deux bâtiments palermitains montrent des coupoles étonnantes avec leur
crépis rose qui évoque les "gelati" à la fraise. Il s'agit du travail
d'artisans musulmans au service du pouvoir normand.
SICILE BAROQUE
La Sicile m'a intéressé de plusieurs manières. D'abord ce fut par l'importance de l'archéologie quand j'étudiais l'histoire de Carthage, de la colonisation grecque et romaine. Ensuite je me suis intéressé à la domination arabe puis à la reconquête par les rois normands. Dans mes visites sur place j'ai aussi été séduit par l'art baroque assez répandu dans les villes siciliennes. Particulièrement à Palerme et Noto.

Chapelle baroque de Monreale. Détail
La chapelle baroque de Monreale est moins connue que le cloître et le duomo dont elle fait partie et sans doute moins visitée.
La décoration baroque en façade d'une église, c'est par exemple la façade de la cathédrale de Mazara del Vallo près de Trapani.
Dans
l'architecture civile, la façade baroque trouve un éclat particulier à
Palerme place des Quattro Canti, carrefour des axes principaux du XVIIè
siècle, les façades incurvées et ornées sont proches de l'église
baroque San Giuseppe dei Teatini.

Palerme, Quattro Canti (détail)
L'état des bâtiments baroques, comme de beaucoup de biens culturels, laisse à désirer à Palerme. On en connaît principalement les palais décatis.





